Le rôle de l’éthique dans la finance

Carole Simonnet, présente son article sur l'éthique et la finance
Carole Simonnet, Docteure en sciences de gestion, Consultante & Enseignante & Autrice > Ethique, Risques et Responsabilité, Humanités

L’éthique est au cœur de l’actualité et des discours. Tout le monde en parle, chacun à son avis mais lorsque l’on écoute les réflexions de chaque individu à ce sujet, on ressent et perçoit parfois la dissonance entre les paroles et les actes. De nombreuses affaires médiatiques ont révélé dans le monde entier que ce mot, qui symbolise des valeurs humaines fondamentales, n’était pas véritablement incarné par les protagonistes dans la réalité de la pratique.

Les professionnels de la Finance sont particulièrement concernés par les problématiques éthiques. En effet, les auditeurs, les contrôleurs de gestion et les experts comptables seront amenés durant leurs parcours à devoir faire face à des dilemmes éthiques et à se questionner sur leurs actions à chaque étape de leurs activités. L’argent, qui cristallise diverses émotions, est au centre de ces métiers, et il est demandé aux acteurs du monde financier d’être honnêtes, rigoureux et consciencieux. Manier à chaque instant des données quantifiées requiert une droiture et une précision à toute épreuve.

Qu’est-ce que l’éthique dans le monde des affaires ?

L’éthique peut être définie comme les comportements des différents acteurs qui sont rationnellement et raisonnablement identifiés comme justes, c’est-à-dire respectueux et responsables. L’éthique se différencie de la morale dans le sens où les comportements moraux peuvent être définis comme des pratiques et comportements qui correspondent à des normes idéologiques socialement reconnues et valorisées comme telles.

Le respect est une exigence absolue et fonde les droits de l’homme. Les comportements irrespectueux et intolérable de certains acteurs, quelques soient les compétences et le niveau hiérarchique, doivent être incontestablement sanctionnés.

1- La transparence

L’éthique exige également la transparence en permettant l’accès à l’information de chaque partie prenante mais elle n’est pas une fin en soi et est au mieux un moyen de prévenir les pratiques abusives et malhonnêtes. La transparence est l’expression du respect que l’on porte à la capacité qu’a autrui de prendre une décision en lui permettant de décider en pleine conscience et en connaissance de cause. La loyauté est liée à la transparence : Chaque acteur se doit d’être loyal envers ses interlocuteurs, elle suggère le respect des engagements pris et de la parole donnée, elle confirme la confiance et la soutient. Ainsi les pratiques déloyales doivent être condamnées comme « non-éthiques ».

La norme du respect est inclusive car elle concerne toutes les relations inhérentes à l’entreprise, en interne ou vers l’extérieur, et elle permet d’examiner l’ensemble des relations professionnelles, l’environnement et l’ambiance de travail.

2 – La responsabilité

La responsabilité est le deuxième aspect fondateur de l’éthique, intimement lié au respect : C’est la capacité à répondre de ses actes et de ses décisions. La notion de responsabilité procédurale exprime le fait que, dans une situation donnée, chaque acteur a sa part de responsabilité, même si le niveau de celle-ci diffère en fonction du poste, du rôle et du pouvoir des personnes concernées (Scanlon.T, 1999).

En conséquence, une procédure éthique est définie comme « tout mode opératoire ordonné se décompose en moments élémentaires, chacun d’eux correspondants soit à une action nécessaire pour résoudre avec méthode un problème posé soit à une opération pour traiter avec rigueur un dossier envisagé ». Dans le secteur financier, il est primordial de ne pas négliger l’importance d’une procédure éthique : « Une procédure éthique est un moment du mode opératoire qui tend à garantir le caractère éthique du processus complet [1]».

Elle veille à s’assurer que tous les individus concernés sont traités équitablement avec respect et responsabilité, ou à garantir que dans le management des équipes, tout est mis en œuvre pour garantir le traitement éthique des personnes.

Les professionnels du secteur de la finance gèrent et font circuler constamment l’argent des particuliers et des entreprises : à chaque étape, ils ont le devoir d’être respectueux et responsables, dans un contexte où la pression est permanente et croissante. Nous n’avons pas toujours le choix des situations auxquels nous devons faire face mais peu importe les évènements, nous avons toujours le pouvoir de décider de la personne que nous voulons être et incarner.


[1] Définitions issues du rapport d’Arthur Cohen et Emmanuel Rocque sur l’éthique et la finance remis à l’ONU en 2014

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